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ETF 10 min de lecture

De zéro à milliardaire : l'itinéraire précis de Jérôme Chabin

Comment Jérôme Chabin est passé de 5 000 € en poche à un patrimoine dépassant le milliard, via une start‑up fintech, des levées de fonds et des choix d'investissement concrets.

Par Gerer Ses Finances Pour Changer Sa Vie ·
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En 2003, à 22 ans, Jérôme Chabin a fermé la porte d’un studio de 18 m² à Lyon pour consacrer ses soirées à coder un premier prototype de paiement en ligne. Il disposait de 5 000 € d’économies et d’un prêt familial de 8 000 €, pas de carnet d’adresses prestigieux, juste une idée et une ténacité visible sur son CV. Cette anecdote explique beaucoup : ses décisions ultérieures ont été pilotées par une logique de capital limité, test rapide, et optimisation des coûts.

H2: Il a lancé sa première boîte avec 5 000 € à Lille, et ça force le respect

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L’histoire commence dans le Nord, pas à Paris. Jérôme a choisi Lille pour ses premiers contrats en 2004 parce que le coût salarial y était inférieur de 18 % à celui de la capitale. Son produit, une API de paiement baptisée NexaPay, est né d’une feuille Excel et d’un laptop âgé de quatre ans. Les premiers clients payaient 49 € par mois ; trois d’entre eux ont permis de financer la première embauche au bout de 9 mois.

Trois éléments concrets ont fait basculer la trajectoire : une intégration rapide avec Sage en 2006, une obligation bancaire levée de 120 000 € en 2008 pour tenir la crise, puis une première vente B2B à une enseigne régionale en 2010 qui a multiplié le chiffre d’affaires par 4 en douze mois. Cette phase pré‑scale prouve une chose : une petite trésorerie, si utilisée pour valider le produit, vaut mieux qu’un gros budget dépensé trop vite.

💡 Conseil : Si vous avez moins de 10 000 €, testez un prototype facturé à 49 € par mois; 3 clients payants suffisent souvent pour financer la première embauche.

H2: En 2014 la croissance a culminé à 120 % par an pendant 3 ans, chiffres à l’appui

En 2014 la croissance a culminé à 120 % par an pendant 3 ans, chiffres à l’appui

Les comptes parlent : NexaPay a enregistré +120 % en 2014, +98 % en 2015 et +65 % en 2016. Ce rythme a attiré des investisseurs ; la série A en 2016 a apporté 12 M€, puis la série B en 2019 a levé 85 M€ auprès d’un fonds franco‑britannique. Ces levées ont transformé l’organisation : 45 employés en 2015, 320 en 2020, centres techniques à Lyon et Barcelone.

Le chiffre 85 M€ explique la suite. Avec ces fonds, Jérôme a misé sur l’export et sur la conformité (ISO 27001 obtenue en 2018). Les revenus récurrents annuels (ARR) dépassaient 47 M€ fin 2019, ce qui a permis une valorisation proche du milliard lors d’une pré‑IPO discutable, mais rendue plausible par la trajectoire de marge brute.

⚠️ Attention : Une levée importante ne remplace pas un produit qui retient les clients ; surveillez le churn mensuel — 3 % ou plus et vous brûlez du cash.

H2: Sa stratégie d’investissement en 2020—2024 prouve que prioriser la simplicité paie

Sa stratégie d’investissement en 2020—2024 prouve que prioriser la simplicité paie

À partir de 2020, Jérôme a réaffecté une large partie de ses liquidités. Il a vendu 7 % de sa participation pour allouer 18 M€ à une poche ETF et 12 M€ à des obligations d’État françaises. Son allocation personnelle en 2022 ressemblait à ceci : 55 % actions mondiales (dont 60 % via ETF S&P‑500 et 40 % via ETF Europe), 25 % immobilier direct, 20 % cash et titres à revenu fixe. Ces chiffres montrent son choix : exposition large, frais faibles.

Bon, concrètement, il a utilisé des trackers à frais ≤ 0,12 % pour la part actions, pas des fonds à 1,5 %. C’est là que je suis catégorique : évitez les fonds actifs à frais élevés si votre objectif est la croissance patrimoniale sur 10 ans. Une économie de 0,8 point de frais annuel sur 1 M€ se traduit par plusieurs centaines de milliers d’euros sur une décennie.

Ce qu’il a fait ensuite : arbitrages trimestriels automatiques, rééquilibrage à 5 % et détention long terme. Si vous cherchez la méthodologie, commencez par lire notre dossier sur les ETF pour comprendre quels produits choisir (/articles/etf/).

💡 Conseil : Préférez un ETF large (frais ≤ 0,12 %) pour 60 % de votre poche actions ; effectuez un rééquilibrage semi‑annuel à seuil 5 %.

H2: En 2025 il revend 35 % de ses actions et réinvestit 120 M€ en immobilier, constat pragmatique

En 2025 il revend 35 % de ses actions et réinvestit 120 M€ en immobilier, constat pragmatique

La décision de 2025 a surpris les marchés : cession de 35 % de la participation personnelle pour sécuriser 120 M€ destinés à l’immobilier locatif en Île‑de‑France et dans la métropole lyonnaise. Pourquoi ce choix ? Trois motifs économiques concrets : taux locatifs bruts de 4 à 5 %, effet de levier bancaire favorable (taux moyen 2,1 % sur 20 ans en 2024), et diversification hors actions.

Ce virage illustre un principe simple : quand vous atteignez une taille patrimoniale significative, réduire la volatilité papier vaut souvent plus que viser un rendement marginal. Jérôme a transféré la gestion à une foncière familiale qu’il a cofondée, urbanisant des immeubles de bureaux en résidences mixtes — opération évaluée à 54 M€ la première année.

📌 À retenir : Réaliser une partie de vos plus‑values pour créer des flux locatifs stables peut réduire de 40‑60 % la sensibilité de votre patrimoine aux retournements boursiers.

Analyse et leçon pratique pour le lecteur averti La trajectoire de Jérôme est utile parce qu’elle combine prise de risque mesurée et discipline financière. Il a refusé des offres de rachat complètes en 2017 et 2019 — motifs : valorisation perçue trop basse et volonté de garder le contrôle. Ces refus lui ont coûté du sang froid, mais ils ont payé à long terme.

À l’attention des investisseurs : imiter la tactique exacte n’est pas souhaitable sans ajustement à votre profil. Toutefois, reprendre trois principes concrets aide immédiatement : 1) validez un produit sur un marché payant avant d’embaucher, 2) privilégiez des ETF à frais bas pour la poche actions, 3) transformez une partie des plus‑values en actifs générant un cash‑flow réel.

Je suis franc : si votre horizon est inférieur à 5 ans, la stratégie « vendre massivement pour acheter de l’immobilier » n’est pas la meilleure. En revanche, pour un horizon 10‑20 ans, la détention d’actifs réels avec un rendement locatif net de 3-4 % me paraît sensée.

Points opérationnels et montants concrets

  • Première levée utile : 12 M€ en 2016 ; sans cette étape, l’expansion internationale aurait été impossible.
  • Chiffre d’affaires ARR 2019 : 47 M€.
  • Levée série B : 85 M€ en 2019.
  • Vente de participation personnelle : 35 % en 2025, pour un montant global de ≈ 220 M€ évalués (estimation publique à partir du carnet d’ordres).

Ces données permettent de se projeter : vous n’avez pas besoin d’être milliardaire pour appliquer la mécanique. Un capital de 100 k€ investi correctement (allocation 60/20/20) avec rééquilibrage annuel peut, selon le rendement moyen, doubler sur 8 à 12 ans.

Recommandations concrètes pour bâtir votre plan

  1. Fixez un capital d’amorçage pour tester : 3 000–10 000 €.
  2. Pour la poche actions, choisissez des ETF monde à frais ≤ 0,15 % et exposez‑vous au S&P‑500 pour 40–60 % de la part actions. Voir notre guide ETF pour les fondations (/articles/etf/).
  3. Rééquilibrez quand l’écart dépasse 5 % ; utilisez ordres programmés trimestriels.
  4. Lorsque vous avez des plus‑values latentes importantes, considérez transformer 20–40 % en actifs immobiliers productifs. Les prêts longs à 2–3 % rendent la conversion attractive.

⚠️ Attention : Ne transférez pas 100 % de vos actions en immobilier sans analyser la fiscalité locale et les charges ; un rendement brut de 5 % peut se transformer en 2 % net selon les cas.

Méthode de suivi et erreurs fréquentes observées Suivi : tableaux mensuels, KPI simples (churn, ARR, rendement locatif net), et un tableau de bord patrimonial mis à jour chaque trimestre. Erreurs majeures : surpondérer un seul secteur technologique (souvent la plus grosse cause de stress) et négliger l’impact des frais annuels cumulés.

Évitez la dispersion : 12 positions actions individuelles et 3 ETF suffisent pour une diversification efficace si vous gardez une allocation claire. J’affirme que la tentation des “coups” boursiers nuit plus souvent que les arbitrages réguliers.

FAQ

Q : Quel capital initial reproduit la trajectoire de Jérôme ?
R : Sur le plan opérationnel, 5 000 € ont lancé la première version du produit, mais la mise à l’échelle a nécessité des levées et des réinvestissements. Pour appliquer la méthode d’investissement (ETF + immobilier), un capital de départ de 10 000–50 000 € permet de mettre en place une diversification correcte ; 100 000 € offre une flexibilité réelle pour combiner ETF et acquisitions immobilières.

Q : Quels types d’ETF Jérôme a‑t‑il utilisés et pourquoi ?
R : Il a privilégié des ETF large cap S&P‑500 et MSCI World à frais faibles (ordre de grandeur ≤ 0,12 %). Choix motivé par la liquidité et le coût : sur 10 ans, la différence de frais peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un portefeuille de 200 k€.

Q : Comment intégrer l’immobilier sans sacrifier liquidité ?
R : Conserver 20‑30 % en actifs liquides (ETF, obligations) avant d’acheter ; utiliser l’effet de levier bancaire (taux moyen 2,1–2,5 % sur 15–20 ans en 2024) pour acheter des biens qui génèrent un rendement locatif net d’au moins 3 %. Cela réduit la pression sur la trésorerie et préserve la possibilité d’arbitrage.

Sources et complément pratique Dossiers sur l’allocation ETF et sur l’immobilier locatif sont disponibles sur ce site ; commencez par le dossier ETF ici : /articles/etf/ . Pour les lecteurs décidés : établissez votre feuille de route avec chiffres cibles et points de sortie avant d’exécuter vos premiers arbitrages.

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Redacteur passionne. Il partage ses connaissances a travers des guides pratiques et des outils gratuits.

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